– Festival des Lumières – Montmorillon (86)

Dans l’esprit de partage du savoir cher aux philosophes du 18ème siècle, le Festival des Lumières invite le public à un véritable voyage culturel dans un des fleurons du patrimoine français : La Maison Dieu à Montmorillon. Cet ancien monastère-hôpital, fondé au XIe siècle, offre par la variété de ses lieux, édifices, cour et jardin, une scène idéale pour l’événement.
Cette année, pour la 5e édition du festival, qui se déroule du 25 au 28 août, les scènes de la Maison-Dieu mettront à l’honneur de grands ensembles baroques ! En contrepoint de cette programmation musicale prestigieuse, le festival proposera des spectacles gratuits pour petits et grands, ainsi que de nombreuses animations autour du patrimoine et de la gastronomie.

Retrouvez l’intégralité de la programmation, la billetterie et les infos pratiques sur le site du festival des Lumières.
© Momentum Prod
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Le Coup de cœur du « 7 »
Jean-François Zygel

« C’est quand même une drôle d’histoire, l’improvisation. Le public ne sait pas ce qu’il va entendre et l’improvisateur ne sait pas ce qu’il va jouer. Quand on improvise, il faut être à la fois à son affaire et ailleurs, comme dédoublé. Il faut guider, conduire, construire au moment même où l’on joue ; et en même temps lâcher prise, laisser quelque chose s’établir entre le soi de la surface et le soi des profondeurs. Moi j’ai l’impression d’avoir toujours improvisé.

© Droits Réservés

© Droits Réservés

Déjà quand j’avais 8 ans, 9 ans, que mon père surveillait si je travaillais bien mon piano, en fait la plupart du temps j’improvisais. Mon père pensait que je travaillais mon piano. C’était plutôt mon imagination que je travaillais… Plus tard, j’en ai fait un métier. J’ai pris l’habitude d’aller de ville en ville, de salle en salle, de pays en pays, sans partitions, sans programmes, avec seulement mes sensations et mes sentiments du moment. J’ai remarqué que ce qui se passe juste avant un concert est toujours très important. Ce que j’ai mangé, ce à quoi j’ai rêvé, si je suis triste ou plein d’énergie, les musiques que j’ai entendues, les personnes que j’ai rencontrées, les amis auxquels j’ai pensé. (Quand j’ai mangé beaucoup de Bach, je n’improvise pas pareil que quand j’ai mangé beaucoup de jazz ou beaucoup de musique indienne…)

Je suis là avec mes doigts, mes oreilles, mes rêves.

Ce qui me plaît bien, c’est qu’on peut improviser avec tout le monde. Avec un musicien de jazz comme avec un joueur de doudouk arménien, avec un beat-boxer comme avec un joueur de erhu chinois. En compagnie d’un danseur, d’un acteur ou d’un jongleur. Pour accompagner un film muet, ou juste avant de dormir, tout seul, chez soi. Quand j’improvise, je me raconte une histoire, surveillant (mais pas trop) les mélodies qui s’entrecroisent, les modulations qui s’installent, la transformation des rythmes et des phrases. Je suis là avec mes doigts, mes oreilles, mes rêves. Sans partition. Sans crainte du trou de mémoire. Ni de la fausse note.

Ce soir, une fois de plus, je me dis que les grands classiques sont mes plus vieux amis. Fidèles. Présents. Toujours là quand j’ai besoin d’eux, quand ça ne va pas. Quand ça va aussi d’ailleurs. J’espère qu’ils me pardonneront de leur avoir chipé un rythme, une mélodie, quelques accords. Le mieux serait qu’ils n’en sachent rien. Ça reste entre nous ? »

Jean-François Zygel

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